Une méditation dans l’esprit de Shantivanam

 
 
Quelques précisions pratiques ...
  1. - Durée : 30 à 40 minutes
  2. - Introduction au temps de méditation : inviter les méditants à déposer tout souci, occupation ou préoccupation de la journée, de leur vie personnelle, toute pensée de  projets, d’activités... Bref, à poser un acte de délestage, de désistement de soi et surtout un acte de présence au moment présent. Comment y entrer ?... Par une mise en place corporelle qui recentre l’esprit et capte l’attention du mental. Une double attention : posture du corps et respiration.
  3. - Attention à la posture du corps par une assise ( coussin ou chaise ) bien droite ( importance de la verticalité du dos, menton légèrement rentré) et attention à la respiration : se concentrer sur le mouvement de la respiration, plus précisément à l’entrée des narines, observer inspir et expir, réceptif aux sensations physiques de la respiration. Eventuellement, inviter les méditants à contrôler leur respiration en la ralentissant ( 4/5 secondes sur chaque mouvement respiratoire, 2/3 secondes à poumons vides et 2/3 secondes à poumons pleins) ; ce qui a la vertu de calmer le mental, de l’apaiser etde ramener l’attention à l’instant présent.
  4. - Possibilité de pratiquer quelques vocalises en entonnant de manière prolongée la syllabe OM (3 fois).
  5. - Cette étape d’introduction accomplie (4/6 minutes environ), orienter l’attention des méditants sur la globalité du corps, puis passer chaque partie du corps en revue : tête, visage, oreilles ... cou ... épaules ... bras droit, avant-bras, main, doigts... ; bras gauche, avant-bras, main, doigts... ; dos, colonne vertébrale, bassin... ; torse, poitrine, ventre, bas-ventre... ; cuisse droite, jambe, pieds, doigts de pied... ; cuisse gauche, jambe, pieds, doigts de pied ...
  6. Souligner l’importance d’ une attention sans crispation : observer simplement le corps en scannant ces différentes parties, attentif aux sensations. Sans lâcher l’axe d’attention à la respiration, véritable point d’appui, pôle déterminant du temps de méditation.
  7. - Après cette étape «corporelle», centrer l’attention sur la zone du cœur (physiologique) et inviter à une attitude toute de réceptivité, d’écoute passive, à demeurer dans l’Ouvert. C’est l’entame de la phase que j’appelle «ouverture au Plus Grand», à ce qui est au-delà de ce que je peux comprendre, saisir, goûter, sentir... Finalement, il s’agit de prêter son attention au cœur symbolique : centre de l’être que je suis par une simple attention silencieuse à cette zone, symbolique de l’ouverture au Plus Grand qui est en moi , en chacun.
  8. - Et laisser les méditants en silence (8/10 minutes).
  9. - Selon le «sentir», le «feeling» du moment, rappeler les 3 pôles permanents de la méditation, les 3 piliers ou appuis : Corps ... Respiration... Cœur ....
  10. - Puis, inviter à approfondir cette attitude, cette posture d’écoute, d’accueil, de simple réceptivité silencieuse ... Etre là... simplement... calmement...
  11. - Savourer la qualité d’être simplement là, sans projection... sans essayer de comprendre ce qui se passe (à vouloir saisir, analyser, cogiter...)... Laissant les pensées défilées, tel des nuages, dans le ciel du mental...
  12. - Simplement ouvert... réceptif à l’Être qui m’habite, l’Être que je suis dans une attitude de gratitude non formulée ...
  13. - Attentif, réceptif au Mystère de l’Existence, du Souffle qui m’anime («J’existe»...), au Mystère de la Source de Vie que je pressens en moi, sourdre du fond de mon être... Ecouter, être là dans l’Ouverture et la Gratitude ...
  14. - Possibilité (selon le «feeling» du moment ...) de prononcer alors quelques paroles de Sagesse (Evangile, Upanishad, un saint ...). Par exemple : «Venez à moi vous tous qui peinez et ployez sous le poids du fardeau et moi je vous soulagerais» ; traduire : «Venons au Présent, à la qualité apaisante de cette Présence. Et lâchons le fardeau pesant de nos pensées, abandonnons - les au mystère de la Présence qui nous habite, nous réunit, nous communique sa Paix».
  15. - Souligner (phase importante) le fait que c’est ensemble que nous faisons acte de Présence, d’écoute et d’accueil.
  16. - Savourer, ensemble, cette mise en présence avec la Source de son Être ... dans la simple Gratitude... [Toutes ces recommandations ci-dessus mentionnées ne doivent pas entamer les nécessaires plages de silence et sont facultatives ; elles sont indicatives de l’esprit de cette méditation]
  17. - A l’approche de la fin de la méditation, de ce temps de communion silencieuse, prononcer lentement les paroles de la prière attribuée à Grégoire de Nazianze : «O Toi au-delà de tout, n’est-ce pas là tout ce que l’on peut chanter de toi....».
  18. - Enfin, clore le temps de méditation en invitant les méditants à s’unir dans un esprit d’offrande pour le Bien et la Paix de tous les êtres qui nous sont chers et bien au-delà. Par exemple : «Que la paix de l’Être qui m’habite, m’anime, envahisse tout mon être et rejaillisse sur tous les êtres ...»
En quoi cette méditation s’inspire de l’esprit de Shantivanam (jonction ou passerelle Orient-Occident) ?
 
  • Par son centrage sur le corps et la respiration.
  • L’aide éventuelle de vocalises.
  • L’orientation vers une attitude d’ouverture et de gratitude sans nommer ou identifier formellement Ce, Celui, Cela qui est «visé», à qui s’adresse cette attitude d’ouverture et de gratitude.
  • En cultivant, en approfondissant une posture d’écoute, de réceptivité au mystère de l’Etre, du Divin qui demeure «au-delà de tout» ce que l’esprit humain, mon esprit,peut concevoir. Ce qui n’est en aucun cas incompatible ou contradictoire avec une démarche chrétienne. Si Jésus est le grand Révélateur de la Source divine, «le Père », révélateur de sa Volonté, de son Mystère, il n’en demeure pas moins au-delà de toute représentation mentale, conceptuelle. Jésus-Christ est l’expression humaine de ce divin mystère. Il nous dévoile en quelque sorte l’intériorité de l’Être divin qui est «relation», «Trinité», comme le souligne souvent Swami Abhishiktananda (Henri le Saux). Ce point est essentiel. Il octroie, me semble-t-il, la coloration «chrétienne», «christique» à une méditation dans l’esprit de Shantivanam. Il établit fondamentalement le méditant dans une posture «reliée», si l’on veut éviter les mots «religieux, religieuse», de communion ou de reliance et avec sa Source et avec tout être.
  • La posture méditative s’épanouit alors dans une attitude essentiellement contemplative , de prière silencieuse, dans un grand dénuement ou vide mental où l’esprit trouve (enfin !) la paix. Selon Jean de la Croix, la foi résume cette posture contemplative, «ce moyen proportionné, obscur et certain,d’union à Dieu».