Fabrice Blée

Présentation

Présentation Fabrice Blée (né à Epernay en 1968)

Professeur à la Faculté de théologie d’Ottawa, Fabrice Blée enseigne la théologie des religions, le dialogue interreligieux ainsi que la spiritualité chrétienne dans sa dimension contemplative. Passionné par l’Orient et son expérience spirituelle, il explique dans un entretien avec Dennis Gira (publié en 2007 dans la revue « Croire » du Journal La Croix), que c’est dans le bouddhisme tibétain qu’il a trouvé très tôt un espace pour nourrir ses aspirations, cette soif de transformation intérieure que le christianisme de son enfance n’avait pu pleinement satisfaire. Le bouddhisme fait partie intégrante de sa compréhension du monde, confie-t-il, grâce à ses riches expériences d’enseignement théorique et pratique auprès de maîtres tibétains à Strasbourg et Montréal, zen au Japon, et vipassana en Inde.

Loin de le détourner de son héritage et éducation catholique, Fabrice Blée témoigne que l’ouverture à une autre voie spirituelle a nourri en lui « la volonté de saisir au-delà des apparences la source d’eau vive au sein du christianisme ». Ainsi son engagement en théologie, depuis ses premières années jusqu’à aujourd’hui, est-il motivé par ce double mouvement d’ouverture à l’interreligieux et de redécouverte de la grande tradition mystique contemplative chrétienne. Deux de ses écrits illustrent particulièrement bien ce double mouvement : Le Désert de l’altérité publié aux éditions Médiaspaul, qui explore l’expérience spirituelle du dialogue interreligieux ; La Mystique démystifiée aux éditions Novalis, un collectif qu’il a dirigé et qui regroupe d’excellents articles sur l’histoire de la mystique chrétienne et la nécessité de la redécouvrir en profondeur.

Considérant la rencontre entre les religions comme vitale dans notre société actuelle, Fabrice Blée a dirigé une collection « Spiritualités en dialogue » chez Médiaspaul, dont la visée est notamment de contribuer à « l’élaboration d’une spiritualité du dialogue, où être religieux signifie être interreligieux. » Afin de redonner accès à « la riche tradition contemplative du christianisme », il a également mis en place, en août 2015 au sein de l’Université Saint Paul, un programme inédit en Théologie contemplative et mentorat spirituel.

A côtés de ses activités universitaires, il anime régulièrement des retraites de méditation silencieuse qui invitent chacun à se disposer à l’expérience du silence ; expérience qu’il considère - avec l’amour qui est « au centre de la pratique » - comme seule capable « d’ouvrir les cœurs pour une vie renouvelée ».

C’est en 1990 qu’il a pris connaissance de l’existence d’Henri Le Saux à travers la lecture de l’ouvrage de Marie-Madeleine Davy, Le Passeur entre deux rives. Son intérêt pour le moine breton, considéré comme l’un des pionniers du dialogue interreligieux, n’a depuis lors eu de cesse de s’approfondir. Et c’est en janvier 2010, à l’occasion d’un colloque à l’ashram de Shantivanam célébrant le centenaire de la naissance d’Henri Le Saux, que Fabrice Blée a filmé les premières images du long-métrage qu’il a réalisé : L’Aurore du Tréfonds. La naissance spirituelle de Swamiji.

Bibliographie

Bibliographie partielle :

  • « La dimension politique des religions : conditions pour un dialogue pour la paix » dans Blée F., Peelman A., Le dialogue interreligieux. Interpellations théologiques contemporaines, Novalis/Bayard, 2013

  • « Le pur amour selon Mme Guyon : origines et conséquences d’un malentendu », dans Fabrice Blée (ed), La mystique démystifiée, Novalis, 2010

  • « Récit de Fabrice Blée « sur les traces d’Henri Le Saux », Les Voies de l’Orient 116 (juillet 2010)

  • « La prière chrétienne interreligieuse : de la praxis à la théologie » (co-signé avec Richard Bergeron) dans Prier Dieu dans un monde sans Dieu, Mediaspaul, 2006

  • Le désert de l’altérité. Une expérience spirituelle du dialogue interreligieux, Mediaspaul 2004

  • « Quelle voie chrétienne-bouddhiste ? Pour une articulation de la double appartenance religieuse », dans : Dennis Gira et Jacques Scheuer Vivre de plusieurs religions. Promesse ou illusions ?, éditions de l’Atelier, 2000

  • « Dialogue et renouveau monastique », La Vie spirituelle, Le Cerf, juin 1999

 

Film

L’Aurore du Tréfonds. La naissance spirituelle de Swamiji

Film long-métrage sur la vie du moine bénédictin Henri Le Saux, réalisé par Fabrice Blée

61 minutes, 2016

Ce film documentaire explore la vie et le cheminement spirituel d’Henri Le Saux, moine bénédictin qui ressent l’appel de l’Inde après plusieurs années de vie monastique à l’Abbaye Sainte-Anne de Kergonan. La grande qualité du film tient à ce qu’il permet de s’ouvrir en vérité et profondeur à l’expérience intérieure vers l’Eveil de ce moine en quête d’absolu ; une expérience en résonance avec Ramana Maharshi, l’une des plus grandes figures spirituelles de l’Inde et de l’Advaïta Vedanta.

D'une rare beauté esthétique, les images nous introduisent au cœur de l'expérience spirituelle d'Henri Le Saux, expérience de l'appel au-dedans, de la plénitude du silence qui l'a saisi au sein de la Montagne sacrée Arunâchala. Elles orientent le regard vers l'essentiel qui demeure au-delà des signes et des apparences, suggérant avec subtilité le mystère de la présence de Dieu dans le monde.

Tout au long du film la voix du narrateur nous plonge dans divers textes spirituels de Dom Le Saux, dont elle fait résonner chaque mot en profondeur. Ces textes d’une grande densité (notamment Souvenirs d’Arunâchala) évoquent les méandres de la quête spirituelle du moine breton, sa soif de « s’abreuver à la Source, de vivre la proximité d’un Dieu au-delà de toute catégorie, défiant tout raisonnement » ...

L’Aurore du Tréfonds est un hymne saisissant à la soif de l'Absolu inscrite dans les profondeurs de l'homme, un appel au dialogue entre les religions, la quête d’une fraternité universelle qui passe par la voie de l’intériorité ; à découvrir et à faire découvrir, absolument !

 

Des témoignages à retrouver sur le site du film http://www.solarsproductions.com

Par Jean-Gabriel Gelineau, OSB, Abbaye Sainte-Anne de Kergonan :

« C’est la voix du narrateur qui est le plus prenant ; elle fait bien l’unité du début à la fin pour faire entrer dans ce mystère vécu par ce moine en quête d’absolu. La musique et la sonorité sont belles. J’ai admiré le fondu des images, et surtout l’harmonieuse adaptation des images aux paroles ; c’est un enchantement de voir figurées à la vue les réalités figurées par les mots, à de nombreuses reprises. C’est comme si le photographe était là au bon moment pour saisir sur le vif ce que Le Saux a vécu. »